Théorie du Design : le design, recycling ou upcycling ?

upcycling : Théorie du Design, éclairage sémiologique d'un désherbeur

upcycling: Théorie du Design, éclairage sémiologique d’un design d’objet

Upcycling ou recycling
En théorie du Design : existe-t-il un référentiel théorique commun qui constitue le design en discipline scientifique, ou sa pratique n’est-elle qu’un recyclage d’autres disciplines ?

Mon éclairage sémiologique en Théorie du Design

Je pars de la conception de projet et de la définition du design de Findeli. Puis je montre que le design est par essence combinaisons de notions théoriques. Celles-ci proviennent d’une variété de disciplines techniques et scientifiques. Elles ne sont pas pour autant qu’un recyclage. Et un recyclage impliquant une dévalorisation des composants théoriques utilisés.

Alors upcycling ou recycling ?

Dans cette conception de la Théorie du Design, chaque design est pensé comme une production de sens. Il est un événement rattachable à la conception sémio-narrative de la syntaxe discursive. Le design comme champ scientifique autonome, ne peut se baser :
– ni sur (1) la séparation pratique/théorie
– ni sur les éléments théoriques convoqués.

Mais (2) il relève de leurs combinaisons qui interviennent de façon méliorative sur leurs sens.

Pour cet éclairage sémiologique en Théorie du Design, la culture commune du design serait à chercher non dans les emprunts aux différentes disciplines mais dans la pratique et la théorisation des relations.

upcycling or recycling : Abstract

Is there a common theoretical reference frame which puts design as scientific discipline. Or design in practice is only a recycling of other disciplines and not an upcycling? From the conception of project versus object and from the definition of design by Findeli, we show that design is essentially combinations of theoretical concepts from a variety of technical and scientific disciplines without being a recycling involving a devaluation of theoretical components used. Each design is thought as a production of meaning, a dockable event in the semio-narrative conception of discursive syntax. Design as autonomous scientific field, can not be based on neither (1) the separation between practice and theory nor the theoretical elements summoned but (2) falls under their combinations which intervene in a meliorative way on their meanings. The common design culture must be sought not in loans to various disciplines but in practice and theorization of the relations.

Introduction à un éclairage sémiologique en Théorie du Design

En Théorie du Design, le débat sur la constitution scientifique du design, sa nature et ses propriétés, perdure depuis des années et nombreux sont les designers et scientifiques qui ont contribué à cette réflexion. Designer et docteur en sémiotique, il me semble que le design et la sémiologie ont beaucoup à partager au niveau théorique dans la mesure où le design est sémiotique, au sens où il vise à produire du sens.

Cet éclairage sémiologique présuppose que le design est un langage

Il est entendu comme ensemble signifiant et non au sens de langue naturelle. Inspirée de l’approche sémiologique, mon hypothèse est que l’on peut utiliser la syntaxe discursive tout en la rendant spécifique au design pour constituer un référentiel théorique propre au design (upcycling).

Un design de produit pour illustrer ce propos

Pour illustrer ce propos, j’ai choisi intentionnellement un design de produit. Celui-là se situe à un niveau intermédiaire de complexité entre un design graphique et un design d’espace. La complexité du niveau de pertinence du plan d’expression fait référence au type d’expérience (figurativité pour les signes, cohérence et cohésion interprétatives pour les textes, corporéité pour les objets…). Et à la logique de résolution mobilisée qui veut que chaque niveau se résout dans le suivant. Même si une syncope peut exister. Ce type de design présuppose un nombre relativement important de composants et de relations sémantiques et syntaxiques. Mais nous avons sélectionné arbitrairement le produit, un désherbeur.

Syntaxes formelles des syntaxes conceptuelles

[…]  En sémiotique, on distingue les syntaxes formelles des syntaxes conceptuelles. Les premières ne se réfèrent à aucune signification (simple recycling). Il s’agit d’articulations entre les formes de l’expression. Pour le design, un rectangle, un rond, le blanc, le noir, le rouge, telle ou telle matière « ne se distinguent les uns des autres que de manière discriminatoire » : le rectangle n’est pas le rond, le blanc n’est pas le rouge, etc.

Pour les secondes, les relations syntaxiques sont signifiantes. Elles relèvent de la forme du contenu. Même si elles sont abstraites et assimilables aux relations logiques. En design, ces deux syntaxes existent. Mais si on a une sensibilité à l’habitabilité du monde, on s’attend à ce que les jonctions de telle forme avec telle couleur et telle matière par exemple, débouchent sur une transformation de chacune de ces unités de sens pour produire tel ou tel sens (upcycling).

Un objet non-design serait peut-être a minima un objet dont les composants formels sont majoritairement organisés par une syntaxe formelle. A contrario un objet design pour faire de l’effet aurait ses composants formels organisés par une syntaxe conceptuelle […]

éclairage sémiologique sur l’humour en publicité :

GUIBOURGE, J. (2009a), Analyse sémiotique de l’humour en publicité, Thèse de doctorat sous la direction de J. Fontanille, Limoges.

Théorie du Design, éclairage sémiologique sur le design de produit

GUIBOURGE, J. (2009b), “Objets, culture, valeurs et marque”, Objets & Communication, ouvrage collectif sous la direction de B. Darras & S. Belkhamsa, Paris, L’Harmattan. sur http://goo.gl/LyPt6K

éclairage sémiologique sur les valeurs en entreprise

GUIBOURGE, J. (2015a), “L’entreprise entre valeurs techniques et valeurs sociales”, Valeurs. Aux Fondements de la sémiotique, ouvrage collectif sous la direction d’Amir Biglari, Paris, L’Harmattan. sur http://goo.gl/a5Oyle

Théorie du Design, éclairage sémiologique sur le design

GUIBOURGE, J. (2015b), Comment la sémiotique peut-elle aider le designer à concevoir des strategies d’innovation ? sur http://goo.gl/IC0wuL ou

sémiotique et Théorie du Design

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Theory of humor : taboos, humor and ethics

Semiotic advertising strategy,
a subtle rhetoric using taboos, humor and ethics

The League Against Cancer launched a campaign using taboos, humor and ethics

In 2008, the League Against Cancer launched a campaign of six posters showing a semiotic advertising strategy. Using taboos, humor and ethics, the utterer developed a sophisticated rhetoric. A rehetoric from operations and figures (syllepse, implied paronomase, anaplodiplose, …) to encourage friends and relatives. To encourage them at risk of one of these cancers to talk about screening (the backbone of the semiotic advertising strategy). These taboos relate to three types of cancer: colon-rectum, breast and uterine cancer.

Through a semiotic advertising strategy analysis we «dismantle » mechanism of humour. This operation in order to show how humour, ethics, values and taboos are involved in the rhetoric of advertising. The analysis reveals the semiotic generation of sense. The study of  the texts, visuals and composition of the six posters enables us to distinguish between the different styles and rhetorical operations used by the taboo of those employed by humour. This article is from a more comprehensive and more general piece of work on humour. This article deals with its types, its properties and the operations which are specific to it.

Same Subject (in French) : Elastoplast

NAS (Nouveaux Actes Sémiotiques), Université de Limoges, publication numérique en ligne (http://revues.unilim.fr/nas)

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Ethics and humour in advertising strategy

Ethics and humour or humor advertising strategy

Ethics and humour

Sometimes in advertising, ethics and humour are closely related. Through the analysis of advertisements, we demonstrate how certain types of humour summon ethics, but also how this summoning weakens the confidence that the sender seeks to establish with the receivers. It thus appears that certain humorous types can render the advertisement inefficient regarding its objectives by playing on the receivers’ modality of believing/not-believing and the sender’s modality of crediting /discrediting. In order to choose the “good” combination between these two alternatives of this modality and the crediting or descrediting the sender is helped by the semiotic generativity of the utterance. This article stems from a more complete and more general work about humour, its types and properties, as well as the operations inherent to it.

Ethics and humour, introduction

Brand in advertising grasps the ethical question even when its marketing strategy seeks to avoid this dimension, while another will openly embrace it.

– Potentializing – actualizing the recipient’s purchase of or adhesion to the product or service proposed.

– In the process of persuasion, humor can help the brand. It allows for the reader to go from being a mere sender to participate in the enunciation.

– For the target receiver of an ironic proposition (the foil and a helper audience)
the critique of its value presupposes the crediting of its opposite and summons dysphoria, by which we mean a phoric state worse than the receiver’s initial state.

– For the sender (author and subscribing public) the critique of the opposite value presupposes the crediting of its value and summons euphoria. The commutations are thus inverted.

– We consider humour as a collective organization of enunciations aiming at the very least for the phoric commutation of the actants, which can however generate a movement of rendering the actants responsible through ethic and/or axiological mutation.

– Commutation is an operation between two positions along one sole semantic axis. It allows the transition from one position to the other: to move from a dysphoric state to a euphoric state, from one behavior pattern to another, from one value to another. Commutation is also an operation between two commutations along two different semantic axes. It also allows commutation along a second axis. Mutation is effected between the phoric axis and/or the axiological axis. It’s a combination of commutations.

– humour (as a category containing different types) thus renders possible different types of commutations  by articulating these scales.

– To situate this operation with regards to the comprehension of humour defined earlier, we have presupposed the existence of 3 scales: phoric, ethic and axiological (with gradated positions)

– We are going to consider them as postulates without seeking to demonstrate their existence. The choice of 3 scales stems from the research currently in progress. It is founded both on a theoretical viewpoint through the confrontation of multidisciplinary conceptions of humour and on an empirical viewpoint, through the numerous concrete analyses that validate it. […]

Conclusion :

Let us now resume our analysis on the relation between ethics and humour

– On a figurative level, because of their excessive specificity, the humorous scenarios are not very plausible.

On the thematic level, this plausibility is induced by a lack of specificity and abstraction.

Now, this transition from the (general) thematic to the (specific, particular) figurative concerns exactly what Jacques Fontanille has referred to as ethical casuistics. According to Jacques Fontanille “The true ethical discourse is the one that deploys alternative figurative paths using thematical-narrative paths and abstract axiological principles”.

Though the figurative level presents alternative paths without their being abstract. As a matter of fact, it is even their realism that allows for humour, and humour that in turn allows one to support them. For the receiver, humour makes the unacceptable acceptable and allows for the suspension of ethical judgment. It therefore appears to us that one must add abstraction to the alternative aspect of the figurative level.

A recapitulation is provided in the following chart, after which we’ll proceed to two other examples in order to illustrate the ethical problematic through abstract figurative paths followed by an example of a type of humour that resolves the debate between ethics and humour in favor of the brand.

http://epublications.unilim.fr/revues/as/2027

ethics and humor in advertising strategy

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